« ME MONTRER AU GRAND PUBLIC »
Jeune, ambitieux et souriant, à vingt-trois ans, Brice Feillu, qui effectue cette année sa première saison chez les professionnels au sein de la formation
Agritubel, a tout pour réussir. Ce natif de la Beauce, pourtant amoureux de la montagne, espère bien se révéler dès cette saison aux yeux du grand public. Entretien dans la bonne humeur avec
Cyclism’Actu.
- Brice, on a pu voir votre belle 11ème place lors du grand prix d’ouverture La Marseillaise qui était votre première course de la saison, comment
avez-vous vécu cette journée ?
En fait, je n’avais pas prévu de commencer la saison par cette course puisque j’avais demandé à mon équipe de débuter par le Tour méditerranéen. Mais lors du
stage de début de saison, au vu de ma forme, ils ont préféré me faire commencer par la Marseillaise pour ensuite faire le Tour du Haut Var. Je voulais quand même un bon résultat sur cette
course, mais je savais que je n’étais pas vraiment prêt. Et puis finalement, je ne m’en suis pas trop mal tiré puisque je ne me suis fait reprendre qu’à 5 km de l’arrivée par le groupe de
contre où figurait Maxime Bouet, mon coéquipier. J’ai donc passé un bon relais afin de revenir au plus près de la tête de course, mais dans le final je n’ai pas pu suivre car ça se bagarrait
sec. Je finis tout de même 11ème, ce qui n’est pas trop mal.
L’équipe ne m’attendait pas forcement sur cette course et je leur ai finalement montré le contraire, malgré de mauvaises sensations lors du stage. Pour moi, les
stages sont là avant tout pour progresser et non pour faire la compétition. Certes j’étais moins bien en stage, mais sur les courses, je suis présent et c’est ce qui compte.
- Samedi, vous participerez donc au Tour du Haut Var, comment vous sentez vous physiquement et mentalement avant cette épreuve ?
Mentalement je me sens prêt. J’ai envie de réussir sur cette course puisqu’elle aura lieu sur mes routes d’entraînement que je connais très bien, surtout celles
de dimanche. Physiquement, je ne suis pas encore au top, mais j’espère l’être d’ici ce week-end.
- Quels sont vos objectifs sur cette course ?
Comme je vous ai dit, je suis très motivé pour cette course et j’espère vraiment bien faire. Je vise une très bonne place, voire les trois premiers. La première
étape, je pense qu’elle devrait arriver au sprint avec un petit groupe de 50 coureurs environ, et éventuellement avec une échappée d’un ou deux coureurs devant, mais sans trop d’avance car il y
a de bonnes équipes sur l’épreuve qui contrôleront le final. Par contre, le lendemain, ça s’annonce plus difficile, et c’est cette étape qui sera certainement décisive pour le
général.
UN PARCOURS ASSEZ DUR, MONTAGNEUX, QUI ME CONVIENDRAIT
- Quel est le programme pour la suite ?
Après le Tour du Haut Var, je ne sais pas trop. Ça dépendra du résultat que je ferai ce week-end, mais si ce n’est pas trop mal, je devrai faire les Trois jours
du Vaucluse et éventuellement Paris-Nice. Mon programme dépendra de ma forme, et des autres coureurs s’ils sont forfaits. Pour Paris-Nice, le staff préfère mettre des coureurs expérimentés
comme Christophe Moreau ou Sylvain Calzati. Pourtant, c’est un parcours assez dur, montagneux, qui me conviendrait bien. Mais c’est à moi de prouver ce que je vaux, car pour l’instant, je n’ai
fait qu’une course. Mais si je ne fais pas Paris-Nice, il est prévu que je fasse des courses en Belgique comme le Het Volk, à travers les Flandres puis le Tour de Normandie.
- C’est votre première saison chez les professionnels, voyez-vous une grande différence avec les courses amateurs ?
L’an dernier, j’étais à Nogent-sur-Oise. C’est quand même un grand club chez les amateurs et j’ai pu faire de belles courses. Donc pour l’instant, je ne vois pas
une grosse différence, si ce n’est le rythme de course. Chez les amateurs, ça peut rouler très fort pendant plusieurs kilomètres et puis le rythme se relâche. Tandis que chez les pros, le
rythme reste beaucoup plus régulier. Mais je trouve que le rythme des pros me convient beaucoup plus que celui des amateurs.
JE SUIS HEUREUX DANS CETTE FORMATION
- Sinon, comment se passe votre adaptation au sein de la formation Agritubel ?
Mon adaptation se passe très bien. C’est une équipe très sympathique. Je connaissais déjà un peu les directeurs sportifs, les mécanos, puisque j’étais déjà chez
Agritubel il y a quelques années lorsque l’équipe était encore en amateur. Donc une grande partie du staff technique n’a pas changé. Il ne reste que les coureurs à connaître, mais les stages
nous l’ont déjà permis un peu. Je me suis bien intégré, je suis heureux dans cette formation, il y a une très bonne ambiance.
- Quels sont vos objectifs pour votre première saison chez les pros ?
C’est de gagner 10 ou 15 courses (rires). Non, sérieusement, mon objectif est de faire de très bons résultats et pourquoi pas de gagner des courses. Il est vrai
que j’aimerais beaucoup participer à Paris-Nice afin de me montrer au grand public. Même si je suis jeune, que je suis néo-pro et que tout le monde me dit « tu as le temps », j’ai envie de
montrer tout de suite ce dont je suis capable. Malheureusement, Paris-Nice est en début de saison et nous n’avons pas fait beaucoup de courses contrairement à d’autres qui ont pu obtenir une
invitation sur le Tour du Qatar. Mais de toute façon, c’est à moi de me montrer.
IL FAUDRA GAGNER SA PLACE
- Le parcours du Tour de France 2009 vous plait-il ?
Ah oui, c’est un parcours qui me plait beaucoup. Mais pour l’instant, je ne préfère pas y penser car il n’est pas encore question d’y participer. C’est un beau
Tour qui s’annonce, assez difficile et très montagneux. Il faudra gagner sa place, mais vous savez, certains l’obtiennent juste avant avec le championnat de France en faisant un
podium.
- Si vous n’aviez qu’une course à gagner cette saison, laquelle souhaiteriez-vous ?
Une course… le Tour de France (rires) ! Non je n’ai pas vraiment choisi une course particulière que je tiens à gagner à tout prix. Mais si je devais en choisir
une, ce serait le championnat de France. De plus le parcours semble très difficile.
- Pour ceux qui ne vous connaissent pas ou peu, pouvez vous nous éclairer sur le type de coureur que vous êtes ?
Je dirais que je me considère comme un rouleur/grimpeur, avec une mentalité d’attaquant. Si une étape risque d’arriver au sprint, vu que je sais que je ne risque
pas de faire grand chose, je vais tenter d’attaquer dans les dix derniers kilomètres. Même si ça roule très fort et qu’il n’y a que très peu de chance que ça fonctionne, je vais tenter. Sinon,
dans les chronos, je me débrouille pas mal.
Propos recueillis par Christophe Merono le 18/02/2009